7 des plus belles voitures des (horribles) années 90

Les années 90 sont très peu souvent citées en exemple quand il s’agit de bon goût et plus particulièrement de design.

En musique, il y avait les girls et boys band style Spice Girls et 2Be3.

En mode, il y avait la casquette sur le côté, le tee-shirt Waïkiki, le collier ras de cou en plastique, le sac banane ou encore les Buffalo.

En automobile… Il y eut le Fiat Multipla, la 911 996, la 806 (la voiture que les enfants conseillent à leurs parents) et bien d’autres horreurs.

Mais alors, quelque chose de beau a-t-il pu être conçu sur un air de Larusso ? Je ne sais pas si les 7 caisses qui vont suivre ont été désignées en écoutant « Tu m’oublieras » (d’autant que c’était sorti en 1999) mais elles ont toujours de la gueule.

Audi RS2 (1995-1996)

Audi RS2
Celle par qui le mâle est arrivé… à concilier parentalité et sportivité.

Pour tout amateur d’Audi qui se respecte, la RS2 est un mythe au même titre que la Quattro (1980-1991). Elle est le premier break stéroïdé de la firme, mère des RS6 et RS4 que nous connaissons aujourd’hui.

Elle a débuté sa vie comme simple Audi 80 B4 break. Sur son chemin, elle a croisé Porsche qui a décidé de l’entraîner à la manière de Rocky Balboa pour combattre les M3 et C36 AMG des cousins teutons. Du coup, est-elle plus Porsche ou Audi ?

Sur le principe, Audi cherchait à continuer la dynamisation de son image entreprise avec la Quattro. Du coup, un partenariat a été passé entre Porsche et Audi. Audi fournissait la base et Porsche y mettait sa touche. Et quelle touche ! Freins 300 mm (304 devant et 290 derrière) 4 pistons aux quatre coins issus de la 968 Club Sport, suspensions Bilstein, pare-chocs avant et arrière spécifiques avec rétroviseurs de 993, intérieur gadgétisé et optionné à mort, jantes de Porsche Cup en 17″ et coloris du catalogue stuttgartois. C’est « tout » ?

Non, Porsche ne s’est pas limité à améliorer visuellement la S2. Ils ont pris le 5 cylindres en ligne 2,2 L 20 soupapes de la Quattro et l’ont revisité. Turbo plus gros et autres ajustements magiques ont permis de passer de 230 à 315 chevaux. 1 650 kg et 315 chevaux… en 1995…

Et si nous revenions au design ? Autant les breaks, ça a une image de voiture à papa mais un break avec un tuning d’origine aussi propre et simple, ça ne peut que charmer.

Après, je dois vous avouer dès cette première sélection que je suis un fan du design carré et avec cette RS2, je suis servi.

Mention spéciale à la S8 de 1996, première Audi (A8 D2) en châssis alu Space Frame, dont je trouve la gueule magique.

Audi S8 D2 4.2 V8
Face avant de loup. Pas étonnant qu’elle fut choisie dans Ronin.

Chrysler/Dodge Viper RT/10 (1992-2002)

1998 Chrysler Viper GTS RT/10
Viper GTS, ça fait penser direct à Gran Turismo.

Le mythe, errant ou pas. La supercar américaine par excellence des années 90. Une plastique reconnaissable entre 1 000.

Prenez un moteur V10 8 L de camion, mettez le sur un bon gros châssis en acier et enveloppez le tout avec un carrosserie en matériaux composites. Voilà, vous y êtes.

Le trait est magique. Vous la regardez et vous savez qu’elle va vous sauter dessus. Elle porte extrêmement bien son nom et est d’une telle agressivité à l’arrêt qu’elle en ferait presque pâlir une Lamborghini.

En parlant de Lamborghini, saviez-vous que la marque italienne a d’ailleurs aidé pour la partie mécanique ? En même temps, Lambo appartenait à Chrysler à cette époque (avril 1987 à février 1994) donc ça aide.

Pour en revenir au design, avoir des sorties d’échappement latérales et un air avec la Shelby Cobra, ça aide niveau badassitude visuelle.

Puis… arriver à porter des jantes à trois branches, faut pouvoir ! C’est comme porter un yoga-pant pour une dame : de base c’est moche et si on est mal fichu, c’est pire… par contre, si on est canon, c’est l’effet inverse.

Dodge Viper RT-10
Tous les sifflets des trains, toutes les sirènes des bateaux m’ont chanté cent fois la chanson de l’Eldorado de l’Amérique.

Lamborghini Diablo (1990-2001)

Lamborghini Diablo
Infernus dans GTA ou voiture de rêve dans les Need for Speed.

En parlant de la possession de Lamborghini par Chrysler avec la Viper, je ne pouvais pas oublier cette icône des années 90. La Diablo, c’est une référence.

La Diablo, c’est le dessin de Gandini (ex de chez Bertone) assagi par Chrysler. Pourquoi assagi ? Parce que le dessin proposé par le designer est celui de la Cizeta V16T.

Cizeta-Moroder V16T
Il dit qu’il voit le rapport.

Déjà, pourquoi Diablo ? Il s’agit là du respect de la tradition Lamborghini de donner le nom d’un taureau. El Diablo est donc le nom d’un bovin majestueux s’étant battu dans l’arène de Madrid en 1869 contre un tueur du nom de José Lara Jiménez, dit « El Chicorro ».

Avec un tel nom et la Countach à honorer, Chrysler n’avait pas le droit à l’erreur. Ils n’ont pas failli. Carrosserie et châssis en aluminium pour accueillir un V12 5,7 L crachant 492 chevaux et 580 Nm via une transmission intégrale. Résultat ? Elle surpasse de 4 km/h la F40 en VMax (325 VS 321 km/h) et devient la voiture de production la plus rapide du monde.

Revenons au design. Elle est plus belle que le dessin initial a.k.a. la Cizeta. 27 ans plus tard, elle apparaît plus fine et moins stéréotypique des années 80-90 que sa demi-sœur. Basse comme pas possible, trapue sans tomber dans l’exagération d’épaules plus larges que nécessaire, un dessin de ceinture de caisse qui laisse émaner le dynamisme latent de l’engin et un capot moteur à persiennes d’une longueur inoubliable (une brochette de 12 cylindres en V, c’est long). Pour ce qui est de l’aileron, c’est comme avec nos Lambos actuelles : on aime ou on n’aime pas ; il donne un côté sportif indéniable mais casse la ligne du bolide. Détail so nostalgique et tellement charmeur : les phares escamotables.

La Diablo ne s’est pas arrêtée en si bon chemin et a eu droit à plusieurs variantes comme la SE, les VT et SV, l’ultime et superbe GT ou la plus exclusive et confidentielle GT1.

Ferrari F50  (1995-1997)

Ferrari F50
Lawd Jesus, dat ass!!! Ça sent Outrun !

Continuons en Italie avec la descendante de la F40. La F40 aurait pu lui prendre sa place car sa production s’est terminée en 1992 mais je pense coller à un précepte simple, comme avec la quattro pour la RS2 plus haut : la production doit avoir débuté dans les années 90.

La F50. Je ne suis pas hyper adhérent de l’avant mais cet arrière-train !!! C’est une réelle toile de maître, un coup de crayon fabuleux, un éclair de génie visuel.

La ligne générale est elle aussi merveilleuse. Cette beauté simple réside dans le fait qu’elle reprend le profil de sa mère tout en le rendant élégant.

Même si cet article est sur l’esthétique, je ne peux m’empêcher de m’attarder sur la technique de l’auto. La F40, c’était un V8 biturbo et la F50 c’est un V12. Le V12, c’est une symphonie comme aucune autre configuration moteur (quoique le V10…). C’est aussi le moteur de prédilection d’Enzo Ferrari. Quelque part, la F50 est un hommage au Commendatore alors que la F40 était la dernière création du dieu italien.


Ce qu’il faut aussi se dire avec la F50, c’est qu’elle est moins poussée et moins rapide que la F40. Honte de Ferrari qui refusait que des duels mère-fille soient effectués par la presse. Quelque part, il y a de quoi avoir honte mais dans un autre sens, c’est sublimer le génie du fondateur de la marque ; avouer que l’ultime bébé d’Enzo est plus véloce que sa descendante posthume est le meilleur hommage possible.

Allez, j’arrête là, il faudra que je lui consacre un article à part entière.

Toyota Supra Mark 4 (1993-2002)

Toyota Supra mk4
Dur d’en trouver une totalement stock… #tuning

J’aurais pu tomber dans la Skyline R34 mais avec ses années de production s’étalant de 1999 à 2002, je considère qu’elle est plus une enfant des années 2000.

Pour moi, la Supra est une réussite visuelle sans équivoque. Par contre, pour justifier sa plastique, elle ne doit pas s’affranchir de ses escargots cracheurs d’air comprimé. Vous verrez que j’en parle avec le modèle suivant mais avoir un corps d’enfer et n’avoir rien dans le ventre, ça enlève tout charme. Un peu comme une vénus idiote ou un apollon abruti, c’est éliminatoire.

Revenons à la Supra. La Supra, c’est la réponse au monde sur la question toute bête : « qu’est-ce qu’une voiture de sport ? » et les Japs n’ont pas répondu avec du vent. Réponse à la NSX et aux Porsche de l’époque, elle avait des performances de premier ordre et un potentiel d’amélioration moteur sans limite (500 chevaux easy, 1 000 chevaux carrément possibles avec le 2JZ).

Visuellement, c’est carton plein. Ses deux gros phares à trois projecteurs entourent un nez propre portant le logo Toyota en son centre. Dessous, nous retrouvons une admission centrale large et deux narines latérales au dessin parfait. Imaginez ça dans votre rétroviseur, ça ne donne pas envie de la laisser vous souffler longtemps sur le cou.

Continuons sur la partie latérale et l’arrière-train de la beauté japonaise. Là, nous sommes devant un dessin équilibré et agrémenté d’un aileron qui est comme une signature spécifique. Il ressemble un peu à celui d’une F40/F50 et semble ne pas être là que pour le look (et c’est vrai). Ce même dessin laisse transparaître que la belle est une propulsion, chose presque normal pour une voiture de sport mais souvent oublié (désolé quattro & Co). Les feux à fond noir et quatre éléments sont du plus bel effet, au contraire de feux Lexus chromés.

La folie Fast & Furious y est-elle pour quelque chose ? Je ne peux vous mentir : oui. Comment m’en vouloir, sérieux ?

Honda Integra Type R (1998-2000)

Honda Integra Type R
White is white.

Deuxième japonaise de la sélection et pas des moindres. Sa rareté dans nos contrées (430 exemplaires vendus en France) est sûrement une des raisons de ce choix. Son moteur VTEC est sûrement une autre influence mais il faut reconnaître que cette caisse est belle. Elle a un look authentique de voiture de sport. Elle a ce qu’il faut où il faut.

Pour la comparer à la plastique humaine, quand on vous parle d’un beau gosse, vous pensez abdos, biceps et belle gueule. Idem pour une belle femme, vous avez en tête une belle poitrine, de beaux fessiers et un regard de braise. Par contre, vous ne tombez pas dans le vulgaire avec respectivement pecs stéroïdés ou seins refaits à outrance.

Là, c’est pareil. Elle a un aileron mais elle ne tombe pas dans le vulgaire comme une Impreza. Elle a une silhouette taillée sans pour autant trop en faire comme une Focus RS mk2. Elle a de jolies jantes mais rien de bling-bling niveau taille ou coloris comme une TT en 20 pouces avec moteur TDI. Elle a une sortie d’échappement là où une Fiat 500 Abarth en présente 2 ou 4…

Alors oui, je ne suis pas pour l’outrance visuelle sans justification technique et ce n’est pas de l’avis de tout le monde. Je suis souvent en désaccord lors de discussions à ce sujet mais pour moi, mettre des ailes larges sans aucune autre justification que le look c’est comme un gars bodybuildé de 120 kg qui ne soulève que 50 kg en squat ou en développé couché. La beauté de l’Integra réside dans cette simplicité.

Pour le cœur de l’engin blanc (également superbe en noir, d’ailleurs), le 1,8 L atmo de 190 chevaux et 178 Nm est un plaisir sonore dès 5 500 tr/min. Un rapport avec le visuel de l’auto ? Non, mais en croiser une ne flatte pas que les mirettes, les oreilles apprécient également.

Lotus Elise (1996-????)

Lotus Elise
Rien à redire. Pas étonnant qu’elle est à la base de la Hennessey Venom GT et qu’elle soit le choix de pas mal de pistards.

Comment ne pas parler de voiture de sport mais surtout de belle auto sans évoquer la petite Anglaise au doux nom d’Elise ?

La première série a été fabriquée de 1996 à 2001 avant de subir deux restylages. Cependant, je considère qu’il s’agit toujours du même dessin général malgré les éléments stylistiques mis aux goûts du jours.

Une caisse de 1996 qui est toujours dans le coup en 2017, si ça ce n’est pas gage d’une réussite esthétique, je pense qu’il faut tout arrêter. L’Elise est la plus belle représentante du slogan « light is right ».

C’est une petite puce dénuée de tout confort intérieur mais à l’aluminium apparent de toute beauté. Ce côte spartiate donne un charme à un habitacle néanmoins très soigné.

Extérieurement, si je vous dis que Julian Thomson (le chef de l’équipe qui a bossé sur la mini Lotus) est l’homme derrière la Jaguar C-X75 (resté à l’état de concept pour mon plus grand malheur), ça sonne une cloche chez vous ? Non, mais le gars est un génie du design automobile. Pas étonnant que l’Elise soit une réussite visuelle.

Jaguar C-X75 concept car
Une de mes préférées dans DRIVECLUB et la voiture du méchant dans James Bond – Spectre.

Le piège d’une petite voiture typée sport, c’est qu’elle soit une petite voiture dans tous les sens du termes. Cela implique généralement des proportions déséquilibrées (coucou Daihatsu Copen) et/ou un gabarit de Micro Machines (hello Smart Roadster). Là, le trait est assuré et tellement beau que je ne veux pas en dire plus, il suffit de la contempler.

Lotus Elise
Les restylages lui ont fait du bien mais l’essence est la même.

 

Il paraît que la nouvelle Elise arrive en 2019-2020 et serait plus exploitable au quotidien. Pourquoi ? C’est comme demander une Ferrari SUV… Oups, ça aussi ça serait sur les rails. Tout fout l’camp !

Alors ?

Cette sélection totalement subjective n’engage que mes goûts (et toc). Je pense quand même que sur la majorité des modèles cités, je ne suis pas le seul à être sous le charme.

Je suis assez nostalgique de la folie de cette période qui vogue encore sur la vague extravagante des années 80. Il faut avouer que les années 2000 n’ont pas été tendres avec le monde automobile (coucou Toyota Prius seconde gen).

N’hésitez pas à partager votre panthéon des belles voitures des années 90 sur les réseaux sociaux, ça peut être intéressant pour un nouveau volet.