Ces voitures presque réussies

Dans le monde automobile, il y a deux types de voitures : celles qui vous laissent de marbre ou vous répugnent et celles qui vous envoûtent. Dans le paradis de l’automobile, vous y trouverez la Jaguar Type E, la Maserati MC12, la Porsche 911 (il paraît) et autres beautés fatales. L’enfer est, quant à lui, peuplé d’infâmes Toyota Prius, Fiat Multipla, Dacia Logan ou Porsche Panamera. Il y a cependant une catégorie intermédiaire, sorte de purgatoire des chariottes presque réussies. Soyons optimistes et passons en revue quelques objets à quatre roues qui pourraient être parfaits mais sont gâchés par un ou plusieurs détails.

Maserati Quattroporte mk5 (2003-2012)

Maserati Quattroporte

Arrière solide, profil plaisant, sonorité envoûtante du F136 Ferrari-Maserati, charme à l’italienne… tout ça gâché par un faciès horrible. Plus précisément, ce sont les phares qui nous ternissent l’ensemble. On dirait les petits yeux d’un prof de français avec lunettes à triple foyer.

Elle m’inspire le fameux adage « personne n’est parfait ».

Le modèle de 2013 a rectifié le tir en s’inspirant de la très belle GranTurismo. Bien leur en a pris !

Bugatti Veyron

Bugatti Veyron

Je sens que certains vont crier au sacrilège. Attendez un peu.

Tout d’abord, j’adore sa forme générale. Ensuite, je suis fan de son arrière-train. Pour compléter le tout, je trouve que le compartiment moteur est une œuvre d’art. Finalement, les performances sont juste stratosphériques (je n’apprends rien à personne là-dessus).

Mais alors… le gars qui a fait le design des phares… est-ce le même que celui de la Quattroporte ? Sérieusement ! L’EB110 avait déjà un sérieux problème à ce sujet mais là, c’est tellement insipide, ça fait Volkswagen Passat B5.

Autre élément qui me rebute : la robe bicolore. Premièrement, ça devrait être réservé aux Smart et deuxièmement, certaines déclinaisons devraient être interdites.

Heureusement, la Chiron sauve l’honneur avec un regard à vous envoyer direct en enfer… mais un arrière moins réussi, beau mais moins élégant que le fessier de sa mère. Pour le bicolore, la richesse n’achète pas le bon goût.

Toyota GT86 / Subaru BRZ / Scion FR-S

Toyota GT86

Interprétation d’une même base par trois constructeurs, ces petites autos ont de quoi plaire. Forme sportive, poids contenu, design sympa malgré quelques détails discutables comme les feux à fond chromé (Toyota et Sub), prix abordable, propulsion et châssis de qualité : carton plein… ou presque.

Là, ce n’est pas le design qui va me choquer mais plutôt ce qu’elle a sous le capot. Pourquoi sortir une sportive pour amoureux des track days ou apprentis drifteurs et ne la proposer qu’avec un petit 4 cylindres 2 litres atmo de 200 chevaux ? Une version entrée de gamme avec cette mécanique et d’autres itérations avec un 4 cylindres turbo (250-300 chevaux), un V6 atmo chantant (300-320 chevaux) et un V6 turbo (320-350 chevaux) auraient été juste parfaits ! Jaguar l’a compris avec la Type F.

J’appelle ça le « syndrome français ». Une jolie caisse au châssis solide mais sans moteur. Exemples : Peugeot 406 Coupé et Renault Laguna Coupé.

Il est à noter que Subaru devait sortir une version STI plus musclée mais le projet n’est resté qu’à l’état de concept et de fantasme.

Ford Focus RS mk2

Ford Focus RS

De base, je suis un aficionados de la Focus RS première du nom. La troisième itération me plaît énormément mais alors la v2.0, j’ai du mal.

En soit, elle a quelque chose. Un design de caisse correct et un 5 cylindres turbo de 2,5 L allant jusqu’à 350 chevaux. Pour éviter de râler sur l’absence de traction intégrale, rectification effectuée sur la dernière, Ford avait équipé la « hot hatch » d’un différentiel Qaife et d’une supension RevoKnuckle.

Par contre, à quoi ont pensé les designers quand ils ont décidé de mettre un kit carrosserie digne des Transformers ? Michael Bay et la réalité, ce sont deux choses différentes. Je suis pour élargir les sportives (Focus RS mk1, Audi RS4, RS6, BMW M2, M3/4…) mais là, c’est trop vulgaire.

Petite mention spéciale pour la RS500 avec une robe noir mate qui n’est rien d’autre qu’un vilain covering. Bien cheap pour une série limitée.

Ferrari F50

Ferrari F50

Elle est exclusive : 349 exemplaires fabriqués. Son moteur est dérivé de la 641 a.k.a. F1-90 ou encore la Ferrari F1 d’Alain Prost. En plus de ça, j’ai cité l’engin parmi les plus belles caisses des années 90. Mais alors, elle est parfaite ?

Non, je persiste sur deux ombres à ce tableau italien : l’avant a quelque chose qui ne va pas et les performances par rapport à sa Maman.

La F40 était une voiture de course à homologuer pour la route alors que la F50 est de base une voiture de route où des technologies de course étaient appliquées. Du coup, les performances ne sont pas mauvaises mais pas au niveau de son héritage direct.
Rien qu’un chiffre parle de lui-même : le rapport poids-puissance. La F50 possède 2,37 kg/ch alors que la F40 c’est 2,28 (si on s’en tient aux 478 chevaux officiels). Pour info, l’Enzo, c’est un rapport de 1,9 kg/ch. Ajoutons à cela 8 ans d’écart entre F40 et F50. Rien à ajouter de ce côté.

Puis vient le design et cette face avant « hommage » à la F1… Et pourquoi pas un hommage à la Fiat Tipo première du nom ? Dans l’absolu, c’est un beau clin d’œil mais c’est chaud de mixer le nez aérodynamique et fin d’une F1 dans une voiture « normale » et rectangulaire. Pourtant, plus tard, c’est l’Enzo qui a transformé l’essai (encore elle). Puis ces phares… il fallait des phares escamotables, pas mettre ces horreurs sous plexi.

Bilan : tout ça me chagrine réellement car avec ce V12 hurlant, son profil extra et son cul d’enfer, c’est un hommage au beau. Ne parlons pas de la F50 GT qui est un orgasme visuel et sonore ambulant.

Mercedes McLaren SLR

Mercedes McLaren SLR 722

Clôturons cette sélection par une grosse déception. Si on vous pose : supercar × (Mercedes + McLaren), ça ne peut que sonner juste. Ca a donné la SLR et la SLR est une amère déception.

Pourtant, sur le papier, elle a de quoi séduire : V8 Mercedes-AMG de 5,4 L avec compresseur, 626 chevaux et 780 Nm, 0-100 km/h en 3,7 secondes (nous sommes en 2003), moteur central avant et propulsion pour une répartition des masses quasi parfaite de 50,5 % à l’avant et 49,5 % à l’arrière.

Là où le bas blesse, c’est son poids et certains choix techniques. Elle accuse 1 768 kg sur la balance, là où une belle Ferrari 599 GTB plafonne à 1 580 kg malgré son gros V12. Même la version améliorée 722 affiche 1 724 kg, soit un allègement de 44 kg sur la balance et de 50 000 € supplémentaires sur le compte en banque.

Le comportement était un cauchemar dans la version « normale » et une déception dans la version 722.
Tout d’abord, le freinage. Pas forcément mauvais mais avec un feeling pédale « bois », un dosage difficile et un surpoids à gérer, ils déçoivent sur une voiture de ce niveau.
Ensuite, c’est l’agilité qui fait défaut. Encore la faute au surpoids mais aussi au moteur à l’avant, à des suspensions perfectibles et à une direction floue.

Avec son design de Batmobile, ses géniteurs prestigieux et son moteur de folie, la SLR se devait de faire carton plein. Elle est malheureusement cantonnée au rôle de dragster, fidèle fusée de ligne droite à l’américaine.

Alors ?

Mauvaises caisses ? Voitures moches ? Non, elles ont un charme certain mais il manque le ou les petits plus qui en feraient de parfaits engins.

Il y en a d’autres et, je me répète à chacune de ces sélections, ça reste un feeling personnel. De bonnes discussions sur les réseaux sociaux sont cependant toujours bienvenues car je suis curieux de connaître vos déceptions automobiles les plus flagrantes.