Grand Prix de Sepang 2017 : Malaise en Malaisie

La vanne du titre peut sembler aisée mais elle est malheureusement fondée. Je vais ainsi vous narrer les événements du dix-neuvième et dernier Grand Prix de Malaisie.

Essais

Essais libres

Je n’ai pas pu voir les libres. Ca sera donc court et selon les résumés et temps que j’ai pu voir.

La bonne forme d’Alonso s’est traduite par un bon classement de son coéquipier belge en course.

De plus, les Red Bull et Ferrari ont bien transformé l’essai pendant le Grand Prix. En forme pendant les libres, elles ont brillé en qualifs ou en course (sauf problème technique).

Finalement, l’élément le plus marquant n’a pas été dans les performances mais sur la sécurité avec le crash de Grosjean qui a roulé sur une grille d’évacuation dont les soudures avaient lâché.

Qualifs

Q1 & Q2

Les séances 1 & 2 deviennent de plus en plus soporifiques.

Seul Gasly a été intéressant et a démontré, pour son premier week-end de Grand Prix, qu’il pouvait aller en Q2 et courir dans des temps comparables à son coéquipier qui a plus de bouteille.

Autre événement notable de la première séance : Vettel qui doit rentrer au stand en catastrophe et qui ne postera aucun temps. J’y reviens plus loin plus en détail.

Q3

Par contre, la Q3 a été merveilleuse. Pas la meilleure Q3 de la saison mais du rebondissement avec des temps intermédiaires sans cesse améliorés.

Le combat Hamilton, Räikkönen, Red Bull était fort appréciable et laissait présager du bon pour la course. Au terme de cette bataille, l’Anglais a réussi à s’imposer à seulement 0.045 de Kimi.

La course

Ne nous le cachons pas, avec Vettel en fond de grille, on s’attendait à une belle remontée de l’Allemand :

Mais celle-ci n’a pas été que belle : elle a eu l’allure d’une quête épique. Vettel volait littéralement, tellement il semblait à l’aise dans sa Ferrari. La monoplace rouge était dans son élément et paraissait tellement plus véloce que le reste des engins.

Sa place finale était la question de tous les instants : allait-il se bouffer Hamilton à la fin, Ricciardo allait-il résister ? Hamilton n’a pas été inquiété et Daniel a eu un sauveur en Alonso qui a fait barrière :

De l’autre côté de Ferrari, avec une P2, Kimi était promis à un super résultat mais il a dû abandonner avant le départ, laissant le champs libre aux Red Bull.

Les monoplaces de la boisson énergisante au taureau, avec un déficit moteur que tout le monde connait, ont sorti une course d’enfer dont les dépassements de Bottas pour Ricciardo et d’Hamilton pour Verstappen. Faits d’autant plus étonnants sur un circuit à courbes rapides et possédant quelques bonnes lignes droites typiquement propices à des Mercedes. Vraiment une agréable surprise de la part de Red Bull sur laquelle je me penche plus loin dans l’article.

Comme dit plus haut, Vandoorne a sorti une super course en finissant P7 et les deux McLaren ont pu rallié l’arrivée. Fait rare pour des véhicules motorisés par Honda. Même les Williams se retrouvent derrière, c’est dire.

Perez a réussi, malgré une spécialité mexicaine qui a dû mal passer la veille (tombons dans le stéréotype bien gras), à nous offrir une bien jolie sixième place, juste derrière le père Bottas qui était loin d’être à son meilleur niveau. Quand je vous disais que la Mercedes était une mauvaise auto car capricieuse

Pour le reste des pilotes, rien de bien brillant, comme dirait ce bon vieux Dany (hommage à Madame Moisie).  Le plus consternant de tous est Magnussen. Ce gars est un réel danger public. Alonso, une des victimes, cite Hulkenberg pour étayer les faits :

Avant ça, même Palmer avait fait les frais de la folie du Danois :

Résultat final

Victoire de Verstappen, Hamilton conservateur en deuxième place et Ricciardo pour compléter le podium. Le classement complet se trouve ici.

L’après-course

Verstappen dépasse Hamilton

Du dépassement en live à la déclaration de presse

La toute première chose que je souhaite mettre en avant est à propos du dépassement de Verstappen sur Hamilton. Pendant le Grand Prix, en plein cœur du direct, j’étais tout fou de voir la Red Bull bouffer la Mercedes. C’était sublime.

Mais au fur et à mesure des replays de l’action, je me suis dit : « Hamilton n’a pas trop cherché à défendre, c’est trop simple pour Max ». Ceci a été confirmé par Hamilton en personne :

I had to really make a decision when Max was closing me down, to not fight him and risk him crashing into me, because he’s going to give it everything – he’s got nothing to lose, whereas I’ve got everything to lose. So I didn’t make it very hard for him. (Lewis Hamilton)

Hamilton Senna entre parenthèses

Pour moi, nous avons devant nous un Hamilton plus mûr et bien plus réfléchi que les années précédentes.

Vous avez connu le Lewis qui cherchait à humilier Rosberg, peu importe ce que ça pouvait coûter au championnat, typique de son modèle brésilien. Là, nous avons un tacticien qui se dit qu’il vaut mieux finir deuxième sans tirer sur la voiture que défendre une première place à tout prix face à un Verstappen qui n’a rien à perdre et dont nous connaissons la manière de conduire.

Le coussin de points entre Vettel et lui n’est confortable que dans le cas où il n’abandonne pas une course. C’était donc une bonne tactique, prudente mais sage. Attention, je ne dis pas qu’il fera tout le temps ça à l’avenir mais disons qu’il doit penser au quatrième titre et à une éventuelle retraite Rosbergoise dans la foulée.

Le contact Vettel Stroll

Tour de décélération, on aperçoit Vettel en mauvaise posture :

Vettel clame haut et fort que Stroll l’a touché. Mon Villeneuve intérieur se dit immédiatement : « Stroll, c’est idiot d’aller chercher le contact hors course ». Mais après visionnage des différents angles, il apparaît que Sebounet a dépassé Lance en ne laissant que peu de marge. Lance dans ses rêveries ne s’attendait pas à une telle manœuvre sur le tour de décélération et arriva ce que nous appelons un accident. Une enquête a été ouverte et classée sans suite.

Par contre, ce qui est plus important, c’est qu’il faut voir les dégâts subis par la boîte de vitesse du Ferrariste. Il venait d’en mettre une toute neuve et pour ne pas subir de pénalité, cette pièce ne doit pas être changée pendant six courses.

Mise à jour du 03/10/2017 20:18
La boîte de vitesse sera testée au Japon avant les qualifs mais Ferrari a informé qu’elle était indemne.

Autre point non négligeable de cette action, Wehrlein n’est pas certain pour son avenir en F1 mais le métier de taxi semble s’ouvrir à lui :

Red Bull, Ferrari, remake de 2016

Je me souviens qu’en 2016, Ferrari avait débuté sur les chapeaux de roue pour se faner en fin de saison alors que Red Bull avait suivi le chemin inverse.

Forza Ferrari… ou pas

Ferrari a créé une voiture formidable. Elle ne bouffe pas de pneu, est performante sur la majorité des tracés (pour ne pas dire tous), excelle dans les circuits citadins et se paie le luxe de nous surprendre sur les circuits « froids » alors qu’elle est donnée pour excellente seulement au chaud.

Par contre… c’est quoi ces problèmes à répétition ? Le malaise de Malaisie vient des Italiens.

Là, nous avons eu un Kimi en forme olympique qui devait s’élancer de la deuxième place. Mise en place des autos et bam ! La monoplace du Finlandais a un problème de batterie. Quelques minutes plus tard, elle rentre au garage et n’en ressortira pas. Vue la course de Vettel, il allait gagner sans problème.

En parlant de la caisse de l’Allemand, en qualifs… un premier drame malaisien : il n’inscrit aucun temps. La faute à un problème turbo :

Il est à noter que le moteur a quand même été monté en deux heures entre la troisième séance d’essais libres et les qualifs. Je réitère : au regard de sa course et du chrono de qualifs de son équipier, Vettel était parti pour dominer ce week-end.

Belle note humoristique du confrère Downshift :

Des Red Bull à moteur diesel ?

La Red Bull cru 2017 était annoncée comme un monstre au châssis exemplaire voire tellement novateur que toutes les autres équipes devaient être larguées. Le nouveau règlement aéro et pneumatique saupoudré des déclarations de Horner était à l’origine de ces prévisions.

Jusqu’à maintenant, j’ai envie de dire qu’elle ne sort pas vraiment du lot. C’est une bonne caisse, sans plus. Elle a été plombée par des soucis de fiabilité (moteur et électronique) mais le châssis n’a pas non plus écrasé la concurrence. Pour ce qui est des casses mécanique, l’Australien Daniel Ricciardo a sa version : la conduite plus virile de Verstappen serait à mettre en cause car lui, il a une approche plus sensuelle avec sa beauté.

Blague à part, la manière de conduire doit avoir une incidence non négligeable, comme nous le constatons régulièrement avec Grosjean qui flingue les freins de sa Haas. En effet, Daniel est parvenu à finir bien plus de courses que son jeune équipier.

Par contre, il faut constater que depuis quelques courses, la Red Bull est menaçante au point de faire un joli 1-3 à cette étape du championnat et sur un circuit de moteur. Un réveil un peu tardif mais qui augure du bon pour l’avenir, surtout en préservant un tel line-up de pilotes.

Bilan de ce dernier Grand Prix de Malaisie

Avant ce Grand Prix, je me disais que perdre la Malaisie n’était pas si mal que ça mais au final, je vais le regretter ce circuit. Contrairement à d’autres tracés modernes, il a une âme et offre de beaux combats. En plus de ça, il était idéalement placé sur le calendrier pour amener une dose de suspense dans le championnat pilote.

Pour cette édition, nous n’avons pas eu le meilleur Grand Prix de la décennie mais une course agréable à regarder et qui clôt correctement l’histoire de la F1 en Malaisie.