Grand Prix du Japon 2017 : Ferrari en plein cauchemar

Le Japon, c’est le pays qui possède un très beau et mythique circuit : Suzuka. Il est, en ce qui me concerne, un des grands noms de la saison avec Monaco, Spa ou Silverstone. C’est un superbe tracé en « 8 » qui a été la scène de quelques duels anthologiques ; Prost-Senna doit résonner à deux reprises dans votre tête. « Le bon temps ».

Il est aussi, et malheureusement, le funeste rappel d’un souvenir douloureux dans le cœur de chaque passionné de F1 : l’accident de Jules Bianchi.

Trève de nostalgie et engouffrons-nous dans cette édition 2017 à la saveur mixte.

Essais

Essais libres

On y a vu beaucoup beaucoup de pluie, à tel point que la deuxième séance n’a été roulée que par 5 samouraïs et a été la scène d’une compétition de bateaux en papier.

Les Mercedes et les Red Bull étaient en forme, chose qui se confirma en course. Les Ferrari n’étaient pas exceptionnelles.

Niveau acrobaties, les deux Finlandais ont joué les cascadeurs dans Degner. Mauvais plan qui coûtera à chacun une boîte de vitesses et 5 places de pénalité.

Au final, rien de transcendant. Des libres sans wasabi.

Qualifications

Ce qui a été déconcertant dans ces qualifs, c’était l’après-qualif et le jeu des pénalités. Avec des crashs en essais libres qui ont entraîné des changements de boîtes, le résultat en piste n’a pas été celui sur la grille le lendemain. Du coup, notre Frenchie adoré, Esteban Ocon, s’est ainsi vu propulsé à la cinquième place. Cette olympiade de mathématiques, à laquelle McLaren et ses pilotes sont coutumiers, devient ridicule. Pour savoir qui part où, il faut faire de savants calculs qui peuvent être chamboulés à tout moment par une nouvelle majoration.

Sans transition, je vous annonce la star de ces qualifs : Lewis Hamilton. Le gars a bouclé une Q2 magique. A tel point qu’améliorer son temps paraissait impossible tellement son tour était beau. Le bougre a quand même réussi à taper un meilleur chrono lors de sa première tentative de Q3 pour refaire strike lors de la deuxième et ultime essai de la sous-séance.

1:27.319… Temps de Schumacher (record datant quand même de 2006) enfin amélioré et 14,5 secondes de mieux que la pôle de son idole (Senna, pas Patrick Sébastien) en 1988. Époustouflant. Il ne faisait qu’un avec sa voiture et dansait littéralement sur l’asphalte. Un ballet magique que je vous invite à (re)visionner et savourer :

Je ne suis pas Hamiltonien mais quand c’est beau, on ne peut que se taire et admirer le talent. Minuscule cafouillage dans le triangle Casio mais n’est-ce pas à la petite imperfection que l’on reconnait un chef d’œuvre ?

La course

Les chaises musicales

Fait majeur avant toute chose : dernière course de Jolyon Palmer ! Carlos Sainz Jr. s’en va prématurément chez Renault, laissant son bacquet Toro Rosso à l’interchangeable Russe Daniil Kvyat, chargé d’épauler Pierre Gasly.

Course nippone ni mauvaise

La course se résume en deux épisodes principaux : le départ et les derniers tours.

La cata Vettel

Dès la mise en place sur la grille, la Ferrari de Vettel montre des signes manifestes d’avarie. Les bougies sont mentionnées.

Une fois le départ donné, force est de constater que quelque chose ne tourne pas rond. Il se fait bouffer en ligne droite, à tel point que notre Ocon national a accédé à la troisième place dans les premiers tours. Au bout d’un moment, la Scuderia intervient et retire Sebastian de la course.

On peut dire… qu’ils n’ont pas fait d’étincelles !
[Voix off]Je serai en tournée à la salle Municipale de Maubeuge le 15/11, à l’amphithéâtre Darry Cowl de Villeneuve-Loubet le 17/11 et le 19/11 pour finir le 21/11 au Zénith de Barcelonette ![/Voix off]

Verstappen all-in

La course se déroulera donc assez paisiblement. Quelques duels en milieu de peloton, Stroll qui part tout droit sur crevaison puis casse de jante et qui manque d’emporter Ricciardo avec lui au tour 47/53. Belle note humoristique à ce sujet chez Reddit :

Stroll a atteint 88 miles à l'heure au Grand Prix du Japon
Nom de Zeus !

Réveil lors des derniers tours avec un Verstappen déchaîné et prêt à en découdre derrière un Hamilton dont les temps faiblissent. Au tour 52/53, le jeune Hollandais demande à la radio s’il peut tout envoyer, son équipe lui donne le feu vert à condition qu’il reste raisonnable. La chasse ne prit pas la tournure voulue : Alonso fit bouchon entre les deux hommes. Hamilton gagna ainsi cette édition 2017 du Grand Prix du Japon. Encore deux tours et la Mercedes aurait pu se soustraire à la dure loi de la Red Bull.

En milieu de course, Hamilton avait déjà senti le souffle de Max dans son cou. C’était son coéquipier qui lui était venu en aide. Verstappen, très surprenant et foutrement plus mature que lors de la saison 2016, déclarera en fin de course qu’il n’était pas déçu par cette stratégie et n’avait aucune rancune car, dans la position de Lewis, il aurait profité du même mouvement. Chapeau bas.

Résultat final

Lewis, victorieux génial de ce Grand Prix, devant les Red Bull de Verstappen et Ricciardo. Bottas au pied du podium devant son compatriote sur Ferrari. Les deux Force India (Ocon devant Perez, et toc !) devancent le couple Haas. Massa ferme la marche des points.

Vous retrouverez les résultats complets sur le site officiel.

L’après-course

Mon analyse prend des allures de redites. Le Japon est dans la continuité des deux derniers épisodes asiatiques.

Ferrari : Et pour quelques dollars de plus

D’abord, Kimi se crashe en essais libres. Ceci lui vaut cinq places de pénalité. Au final, il terminera cinquième sans grand coup d’éclat. Ceci est donc indépendant de Ferrari et il faut saluer le boulot des mécanos.

Par contre, pour ce qui est de Vettel… Dernière course, les deux chevaux cabrés avaient eu un problème au niveau du turbo. Là, Vettel débute la course en deuxième position avec un soucis sur la ligne de départ et tour après tour, nous assistons à une dégringolade qui se conclura en abandon.

Marchionne a déclaré qu’une pièce (la bougie) à 69 $ avait arrêté une machine à plusieurs millions. Simple problème de contrôle qualité ou impact important de la règle sur la restriction d’huile ? Je vous laisse juger.

Pour conclure, j’aligne quatre chiffres qui sont les points au championnat constructeur :

  1. Mercedes : 540.
  2. Ferrari : 395.
  3. Red Bull : 303.
  4. Force India : 147.

C’est éloquent. Et dire que Sergio y croit encore, quel doux rêveur.

Hamilton en pleine grace

Lewis est au sommet de son art. Une étape du championnat menée de main de maître : qualifications magistrales et course sans encombre. Il fait encore une fois le plein de points et se retrouve propulsé à 306 unités contre 247 pour son concurrent allemand à voiture rouge. A noter que Vettel n’est plus qu’à 13 longueurs du troisième qui n’est autre que Bottas.

Je vais reprendre mon laïus sur la Merco Benz Benz Benz [Ouais ! Du coté St-Denis, baby] :  c’est une auto capricieuse. Rien qu’au départ de la course, on voyait un Wolff fébrile quant à la hausse de température entre essais et course (+14°C sur la piste). C’était à se demander si Lewis pouvait transformer l’essai.

Finalement, la diva allemande a pu effectuer son opéra sans encombre pour Lewis. Bottas, quant à lui, n’est pas en grande forme. Consigne d’équipe ? Voiture difficile à régler sur des circuits qu’il pourrait ne pas apprécier ? Simple passage à vide ? Valtteri a du talent, je ne m’en fais pas.

Pour conclure sur Lewis, avec les tribulations de Ferrari et sa grande forme, il est presque certain de dire qu’il sera couronné une quatrième fois.

Red Bull en pleine osmose

Voir les Red Bull performer aussi bien est rafraîchissant en cette fin de saison. Ce qui m’a le plus surpris, c’était le pari de l’écurie pour ce Grand Prix. En règle de parc fermé, il est impossible de changer les réglages entre qualif et course. Du coup, les pilotes et écuries doivent trouver le meilleur compromis qualif/course. Red Bull a fait le choix d’une configuration course. Les qualifs ont été pliées sans catastrophe ni action exceptionnelle. Par contre, le rythme de course fut réellement bon. Pari gagné !

De plus, la complicité des pilotes Verstappen et Ricciardo fait plaisir à voir.

Si je devais émettre une critique, elle serait sur Ricciardo ou plutôt sur l’équipe à son sujet. J’ai quand même un gros doute sur les stratégies d’arrêts au stand appliquées à l’Australien. Il semblerait que je ne sois pas seul à penser ceci et ça me rassure.

Bilan du Japon 2017

J’avais débuté la rédaction avec assez peu de choses en tête puis la prose me venait au fur et à mesure. Au final, j’en avais à dire sur ce Grand Prix ! Un week-end à Suzuka que j’ai aimé. Vivement son édition 2018.

Concluons cet article par un proverbe japonais et son illustration :

Le sourire est la source du bonheur et de la fortune.