Grand Prix de Chine 2018 : Ricciardo, ce héros

Un Grand Prix de Bahreïn qui nous avait mis en presque transe : la tâche était difficile pour jusitifier une sortie du lit aux aurores. La mèche du Grand Prix de Chine a mis du temps à se consumer mais les feux d’artifice australo-chinois étaient de haut niveau.

Les essais

Les libres :

  • Hamilton en forme en FP1 et FP2.
  • Le réveil de Vettel en FP3.
  • Kimi à l’aise lors des trois séances.
  • Magnussen en embuscade derrière Merco, Ferrari et Red Bull.

Pour ce qui est des qualifs, les Ferrari sont tellement au dessus du lot que le père Lewis en a avorté sa deuxième tentative de Q3, chose inquiétante à son sujet sur laquelle je reviens plus loin. En évoquant Lewis, il se fait devancer par Valtteri…

Mais, en ce qui me concerne, la grosse déception des qualifs est McLaren. C’est la deuxième fois que les P13 et P14 sont trustées par les bagnoles oranges. On peut dire qu’après, c’est le résultat de course et donc les points qui importent mais en partant plus haut, on pourrait aisément les voir au niveau de Renault voire Red Bull. Tant pis.

Résultats

F1 Chine 2018 - Résultats des qualifs

Grand Prix de Chine : la course

Une course qui a débuté sous Xanax et qui, par la magie d’un crash entre les deux Toro Rosso ayant engendré une Safety Car, s’est transformée en merveille.
Gasly a en effet foncé dans son coéquipier. Résultat : du carbone sur la piste. La direction de course a fait rentrer Mayländer. Red Bull a décidé de faire rentrer ses bagnoles… à raison car ces pneus frais ont permis une victoire.

Pirelli - F1 GP Chine 2018 - Pit stops

Ajoutez à ceci une grosse dose de dépassements par Ricciardo, des bourdes de Verstappen dont une énorme sur Vettel et hop !

Le vilain petit Grand Prix a fini en festival.

Résultats et statistiques

Pos. Pilote Pos. 2017 Tps de course Pos. de départ PU
1 Ricciardo 4 1:35:36.380 6 +5 Renault
2 Bottas 6 +8.894s 3 +1 Mercedes
3 Raïkonnen 5 +9.637s 2 -1 Ferrari
4 Hamilton 1 +16.985s 4 Mercedes
5 Verstappen 3 +20.436s 5 Renault
6 Hulkenberg 12 +21.052s 7 +1 Renault
7 Alonso DNF +30.639s 13 +6 Renault
8 Vettel 2 +35.286s 1 -7 Ferrari
9 Sainz 7 +35.763s 9 Renault
10 Magnussen 8 +39.594s 11 +1 Ferrari
11 Ocon 10 +44.050s 12 +1 Mercedes
12 Perez 9 +44.725s 8 -4 Mercedes
13 Vandoorne DNF +49.373s 14 +1 Renault
14 Stroll DNF +55.490s 18 +4 Mercedes
15 Sirotkin +58.241s 16 -1 Mercedes
16 Ericsson 15 +62.604s 20 -4 Ferrari
17 Grosjean 11 +65.296s 10 -7 Ferrari
18 Gasly +66.330s 17 -1 Honda
19 Leclerc +82.575s 19 Ferrari
20 Hartley DNF 15 -5 Honda

Nota bene (cousin de Maurizio) :
Verstappen est arrivé quatrième mais a subi 10 secondes de pénalités pour sa collision sur Vettel.
Gasly a franchi la ligne d’arrivée quinzième et a lui aussi subi une pénalité de dix secondes pour sa percussion sur Hartley.

80
dépassements
dont 23 avec DRS

191,451
km/h
vitesse moyenne de Ricciardo

1:35.785
meilleur tour en course
D. Ricciardo

2.15
meilleur arrêt aux stands
Mercedes – V. Bottas

Bilan du week-end

Ferrari

Week-end où la voiture tourne de folie en qualifs et roule bien en course. Finalement, le cheval a été vaincu dans les stands par le taureau. Rien de grave.

Vettel a encore une fois sorti le tour qu’il fallait quand il le fallait en qualif. Pour la course, il a joué de malchance avec le « Hollandais violent »

…puis se fait dépasser presque scandaleusement par son meilleur ennemi Nando. Il garde, malgré tout, la tête du championnat malgré tout. Allez, ce n’est qu’un mauvais épisode.

Raïkkönen a, quant à lui, servi une nouvelle fois de bouchon stratégique pour finalement arriver devant son équipier et sur le podium. L’opération n’est pas si mauvaise que ça.

Mercedes

La voiture 2014 v5.0 arrive en fin de course. Moteur qui surchauffe + pneus qui ne fonctionnent pas forcément comme ils l’entendent = suprématie annihilée. Cela ne fait que trois courses, attendons… mais il y a un autre point de l’écurie qui m’inquiète : où sont passés les stratèges ? Le coup de Red Bull sous SC était un mouvement typiquement stuttgartois. Là, Big Bull a mis échec et mat ce bon vieux AMGarry Kasparov. Toto va encore fracasser quelques tables.

Hamilton, petite forme voire un mental (pas le fromage) qui ne lui ressemble plus. Des qualifs en berne (Stéphane, de son prénom) où il baisse les bras lors de sa deuxième tentative de Q3. Une course en défaitiste où il se rend à l’évidence qu’avec ses pneus, il ne pourra pas lutter contre les Red Bull.

C’est moi ou j’ai un lot de voitures avec des pneus neufs derrière moi ?
Message de Lewis Hamilton après le coup de génie stratégique de Red Bull sous Safety Car.

Il est deuxième du championnat mais n’a que cinq points d’avance sur son Finlandais d’équipier, pas de quoi jubiler.

En parlant de Bottas : régularité est le maître mot. Je réitère la remarque du dernier Grand Prix en disant qu’il manque de caractère en piste. C’est cependant un défaut qui lui permet de marquer régulièrement là où un Verstappen en fait trop et perd de précieux points (au championnat et sur son permis).

Red Bull

Entre une déclaration sur le manque de performance du moteur Renault et une menace de quitter la F1, Red Bull sort une stratégie aux petits oignons qui permet, via son pilote souriant, d’annihiler les ultra-favoris Mercedes et Ferrari. Espérons que cette victoire les sorte de leur marasme et qu’ils se décident enfin à faire de la course automobile et non de la recherche permanente d’excuses.

Daniel Ricciardo… pilote du jour sans contestation. Un prodige du dépassement ! Une fois sur le podium, il a failli me faire pleurer ce couillon.

Je vais sûrement ériger un autel à sa gloire et y prier matins, midis et soirs. Je me souviens d’une interview sur Canal où il disait qu’on lui reprochait d’être nul en dépassements au début de sa carrière… Punaise ! Là, c’est totalement l’inverse. Le premier gain de place d’anthologie en F1 de sa part était en 2014 sur Vettel à Monza. Là, il continue allègrement de distiller sa science de l’overtake.

D’un autre côté, nous avons un Verstappen qui est de retour dans sa forme 2015/2016. Il agit d’abord et pense après. Le seul changement ?

Le Max 2018 est un Max 2015 qui va s’excuser. Son père, Jos, enfonce le clou de la déception en disant qu’il doit garder son style mais qu’il doit utiliser sa tête. Nous ne le contredirons pas : encore des points faciles lamentablement perdus à cause de tentatives suicidaires.

Toro Rosso

Le moteur Honda a fonctionné et c’est déjà ça de pris. L’écurie n’a pas brillé mais elle a permis d’animer la course avec le concours de ses pilotes. Merci pour la Safety Car ! Red Bull leur en doit une.

Hartley, encore un week-end en berne. Course fusillée par son coéquipier et il n’a pas fini à cause d’un problème de boîte. Il est le chat noir insoupçonnable.

Gasly, le héros du précédent Grand Prix ! Une consigne d’écurie et un trop plein d’optimisme mélangés à une incompréhension mutuelle : sa course a été fusillée.

Ajoutons à cela des qualifs qui n’étaient pas fameuses mais que nous pouvons mettre sur le dos de la voiture. Le tout nous donne un week-end chinois à effacer, sans regret ni déception. Courage !

McLaren

Comme dit plus haut, la grosse déception de l’écurie se trouve en qualifications car pour le reste, ça va. Ce n’est pas encore le podium mais ça passe.

Alonso enquille des points pour sa propre paroisse et pour celle de son écurie. Il n’y a pas de quoi hurler sur sa prestation du week-end d’autant plus que son dépassement sur Vettel était « macho » voire incorrect.

Vandoorne… Il était là ?

Haas

Haas continue son petit bonhomme de chemin et pointe septième au classement constructeur avec un double abandon idiot au premier Grand Prix. Pourvu que ceci reste bon jusqu’à la fin de la saison, chose dont nous doutons tous.

Magnussen, c’est le Hulkenberg de Haas, cette année. En ce sens, il est meilleur que Grosjean car il marque des points.

Mettons Romain Grosjean aux abonnés absents de ce Grand Prix. Point.

Renault

Renault nous a sorti une voiture qui fonctionne bien, une voiture de top 10. Soyons chauvins : enfin ! On peut espérer un podium pour le Hulk en cours de saison.

Hulkenberg fait un travail constant course après course. Il est admirable de régularité et permet à l’écurie française d’accumuler des points. Il est le pilote idéal pour cette écurie.

Sainz marque quelques points. Il n’est pas transcendant. J’attends mieux de lui et arrête là le constat.

Force India

On se maintient dans le moyen.

Sortons la calculatrice.
Les McLaren sont meilleures, Haas et surtout Magnussen font du bon boulot, et Renault sort la tête de l’eau cette saison. Constat : 3 à 6 places en moins à pourvoir dans le top 10.
Ajoutons les Big Three que sont Mercedes, Ferrari et Red Bull (quand le moteur ne casse pas ou le Max « François » Hollande ne merde pas) et on ajoute encore 4 à 6 places de moins dans le classement du haut.
Multiplions ceci par une voiture qui ne semble pas coller aux espérances de simulation.
Les mathématiques ne mentent pas, contrairement au sirop (hommage à Eddy Mitchell), Force India aura fort à faire pour marquer du point cette saison.

En course, Ocon dame à nouveau le pion à Perez et c’est tant mieux !

Perez vivotte. Que dire de plus à son sujet ?

Sauber

Etaient-ils en course ? Rien à dire alors, dans le doute, je m’abstiens.

Williams

Le constat n’est toujours pas fameux. Seul point positif : les voitures terminent P15 et P16. Il n’y a pas non plus de quoi hurler.

Sirotkin voit du mieux. L’espoir fait vivre.

Stroll. Quatre places de gagnées en course. Il n’y a pas de quoi hurler.

L’humour australien

Daniel, c’est Joe le Sourire ou Alfred la Déconne. Le gars que tu veux voir quand ça ne va pas. Mais les Finlandais sont imperméables à ça… Vous le constaterez sur le podium et en salle de conf.

Le sacre des outsiders

« Bottas est un second couteau », « Kimi est le lieutenant de Vettel » et chez Red Bull… Max « Marko » Verstappen prolongé alors que Ricciardo est sans contrat pour la saison prochaine. Sur le podium : aucun des « numéros 1 ». Tout est dit.

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