Monza SP1 et SP2 : la barquette revient chez Ferrari

Hier, Ferrari a dévoilé les premières voitures de sa séries spéciale « Icone » : les Monza SP1 et SP2. Inspirées par le passé sportif de la marque, les deux barquettes en édition très limitée apparaissent comme des vitrines de design sophistiqué mais aussi d’ingénierie.

Origines

Ferrari plonge dans le segment du neo-retro avec ces deux modèles dont l’essence provient des légendes du passé de la marque : 166 MM de 1948, 750 Monza de 1955 et 860 Monza de 1956. La première a d’ailleurs été l’inspiratrice du terme « barchetta » (barquette en italien) et avait pour seul but de gagner des courses en se débarrassant du superflu.

L’Ariel Atom, la BAC Mono ou la KTM X-Bow, bien que n’étant pas des barquettes au sens propre du terme, n’ont rien inventé, elles ont juste poussé le concept à son paroxysme moderne. Elles ont cependant le mérite de perpétuer cette tradition de la performance spartiate.

SP1 & SP2 : interprétations modernes de la barquette

La barquette SP1 est une voiture d’égoïste alors que la SP2 vous permettra de voguer en couple.

Fibre de carbone et V12

Les deux ont cependant la même conception : profusion de fibre de carbone et V12. Ce n’est d’ailleurs pas n’importe quel moteur. Il s’agit du 12 cylindres en V le plus puissant de Maranello : 810 chevaux ! Les deux fusées se font ainsi propulser jusqu’à 100 km/h en 2,9 secondes et jusqu’à 200 en 7,9.

Pour en revenir au carbone, vous remarquerez que le capot est immense mais qu’il est surtout d’un seul tenant. Cette pièce entièrement en fibre de carbone est, à elle seule, un hommage au savoir-faire de la marque.

Conception unique

Pour préserver les occupants de ses barquettes, Ferrari a opté pour le « Virtual Wind Shield » (« pare-brise virtuel » en français). Il s’agit là d’un brevet Ferrari qui permet de dévier le flux d’air et ainsi maintenir le confort de conduite. En soit, ça nous rappelle les petits sauts de vent des F1 et ça permet surtout à ces deux sculptures routières de garder une ligne très épurée.

Ca peut paraître anodin, mais regardons du côté de Jaguar. Les Britanniques nous avaient livré un concept assez similaire à ces barquettes italiennes : la Project 7. Superbe auto sur base de F-Type, elle n’avait cependant pas pu s’affranchir du pare-brise, brisant quelque peu l’hommage fait à la D-Type.

Jaguar Project 7 et D-Type

Bravo Ferrari !

Lancer de tels produits est pour moi un hymne à l’amour automobile. Tout le monde veut sa part du SUV/FUV et Ferrari nous en sortira un mais en attendant, grâce à ces barquettes, la marque italienne reste fidèle à son passé et son présent sportif.
C’est bien beau de sortir une énième déclinaison « extrême » d’une sportive mondaine en l’affublant des initiales d’un acteur porno italien « molto famoso ». Cracher des chronos sur un circuit allemand en mauvais état ne donne pas une âme à une auto, même un SUV Skoda ou un break Seat peut le faire.
Alors que là, nous sommes dans le beau, l’élégant, le raffiné, dans ce qui fait l’essence même de la passion automobile.

La seule préoccupation qui vient à l’esprit en voyant ces autos est la suivante : combien verront les routes ? Il n’y a aucun doute qu’elles seront frapper par la spéculation folle de ces dernières années. La spéculation a toujours existé, mais nous sommes au sommet de cet art : acheter la voiture, ne pas aimer les voitures et donc ne jamais la conduire, l’entreposer je ne sais où et la mettre immédiatement en vente voire, pour les plus patients, la garder bien au chaud et la ressortir dans une vente aux enchères dans quelques années. C’est regrettable.

Les chiffres

Moteur

Type : V12 – 65°
Cylindrée : 6 496 cm³
Puissance maximum (SP98) : 603 kW (810 chevaux) à 8500 tours par minute
Couple maximum (SP98) : 719 Nm à 7000 tours par minute

Dimensions et poids

Longueur : 4 657 mm
Largeur : 1 996 mm
Hauteur : 1 155 mm
Poids à sec (avec options d’allègement) : 1 500 kg (SP1), 1 520 kg (SP2)

Performance

0 à 100 km/h : 2.9 secondes
0 à 200 km/h : 7.9 secondes
Vitesse maximale : > 300 km/h