F1 Esports Event 3 : les équipes se jaugent avant la finale !

Après un second événement ayant révélé Renault et dessinant une hiérarchie à trois pour le titre, Alfa Romeo a joué les troubles-fêtes et a fini par concrétiser sur ce troisième round. Récit de ce à quoi il faut s’attendre avant la grande finale ce mercredi 4 décembre.

Ferrari, Red Bull… pas de victoire !

C’est une première cette saison : ni Ferrari, ni Red Bull n’auront été sur la plus haute marche du podium lors des trois courses de cet événement.
Opmeer pour Renault confirme son statut d’outsider en remportant la première manche à Hockenheim grâce à une stratégie décalée audacieuse (qui devient une des marques de fabrique du Losange).
Quand Daniel Bereznay pour Alfa Romeo, il a remporté coup sur coup, Spa et Monza, une performance que seul David Tonizza avait réalisé en remportant coup sur coup les deux manches d’ouverture de la saison.

Pour autant, c’est bien Red Bull qui a fait la bonne opération de ce 3e épisode des F1 Esports Series 2019… et ce grâce à leurs 2e et 3e pilotes !
En effet, Joni Tormala a fini par se réveiller, avec une excellente 2nde place à Hockenheim quand Nicolas Longuet, le français, n’a pas manqué son entrée sur scène à Monza, décrochant le même résultat que le finlandais au terme d’une âpre bataille avec Daniel Bereznay, et jouant d’entrée avec tous les grands noms de la grille : Tonizza, Opmeer ou encore Leigh excusez du peu.

Monza d’ailleurs, parlons-en. Ceci est presque passé inaperçu, mais Frederik Rasmussen, qui nous avait gratifié d’un duel de titans à Spa contre Bereznay, y a tout perdu : aileron cassé en début de course dans le peloton, il finit à une lointaine 19e place. Il est encore à 26 points de David Tonizza au championnat avec trois GP restant… Avec Alfa et Renault qui continuent à pousser, cela risque d’être compliqué pour le pilote danois d’aller chercher l’Italien, mais les F1 Esports sont toujours pleins de surprises alors wait and see !

Le bal des troisièmes pilotes

Nicolas Longuet a fait excellente impression pour sa première course.

Ce round a été l’occasion pour les teams de tester la profondeur de leur line-up en vue de la finale. En effet, rappelons que, comme en réel, c’est la position au classement des constructeurs qui détermine l’allocation du cashprize (500 000 $ au total cette année). Red Bull, Racing Point, Toro Rosso, Mercedes, Williams et Ferrari auront fait appel à leur 3e pilote sur cette manche soit 60% des équipes. C’est plus que sur n’importe quel événement.

Ce round aura vu les débuts de Nicolas Longuet (Monza – Red Bull), Lucas Bakeley (Monza – Racing Point) et Manuel Biancolilla (Hockenheim & Spa – Toro Rosso).  Si nous avons déjà parlé de Longuet, Bakeley n’aura quant à lui pas marqué les esprits en remplacement de Marcel Kiefer. Choix très surprenant de la part de l’équipe rose et bleue de mettre sur le banc le pilote allemand, pourtant vainqueur à Silverstone, mais nous y reviendrons juste après.
La bonne surprise, qui me fait d’ailleurs revenir totalement sur mon analyse d’avant-saison, c’est Manuel Biancolilla. Si les contre-performances des pilotes titulaires Holzmann et Bolukbasi ont aidé à sa titularisation pour deux manches, il faut dire que le jeune Italien a assuré.

Patrik Holzmann – leader chez Toro Rosso.

Si les points ne reflètent pas sa performance, il aura constamment su se hisser juste derrière le peloton de tête, et a réalisé de belles performances en qualification. Si c’est le dimanche qui compte, le potentiel du jeune Italien semble être plus important que prévu. Ce petit regain aura permis à Toro Rosso de se détacher de Haas pour le trophée du dernier de la classe.

Tino Naukkarinen aura encore assuré de gros points chez Williams.

Pour conclure sur les troisièmes pilotes, il faut aussi noter que ni Kimmy Larsson pour Alfa Romeo, ni Allert Van der Wal pour McLaren n’ont été présents dans le paddock.  McLaren a d’ailleurs fait la bonne opération du milieu de peloton grâce à un très bel event de la part de Bono Huis ! Le pilote néerlandais n’est plus qu’à 5 points du top 5 au championnat des pilotes. Comme l’an dernier, Bono semble être un véritable diesel.

Tensions chez Racing Point et Mercedes

Marcel Kiefer (à droite) aux côtés des pilotes Haas Martin Stefanko (à gauche) et Jan Fehler (au milieu) – Vainqueur à Silverstone, sur le banc à Monza.

C’est la crise dans ces deux écuries. Brendon Leigh aura connu son plus mauvais weekend de la saison, ne scorant que 8 unités, et sortant du top 5 du classement des pilotes quand Marcel Kiefer aurait décidé de volontairement laisser son baquet à Bakeley à Monza chez Racing Point. Si chez Mercedes le management ne semble plus à hauteur de la concurrence, chez Racing Point, Daniele Haddad semble avoir un tempérament difficilement gérable au sein du team. Très vocal, plusieurs pilotes au sein du paddock n’ont pas hésité à le recadrer durant cet événement, notamment Jarno Opmeer, puisque les deux pilotes se sont échangés quelques politesses lors du premier tour à Spa.

Patrik Krutyj et le clan Mercedes en plein doute…

Racing Point est passé du 5e au 7e rang, quand Mercedes s’englue un peu plus à la 8ème place. Désillusion pour les deux teams jusqu’à présent et l’on voit mal comment ces deux équipes pourraient remonter la pente lors des trois dernières manches.

Ce que la finale nous réserve

Daniel Bereznay, grâce à deux victoires, est encore mathématiquement dans la course.

La lutte pour les titres pilote et constructeur ne seront peut-être pas les plus grands enjeux de cette finale. Red Bull possède effectivement 35 points d’avance sur Ferrari qui court avec un seul pilote. De plus, Renault manque encore un peu de constance pour inquiéter l’écurie autrichienne.
Du côté des pilotes c’est l’inverse. Tonizza réussit à faire le dos rond parfaitement et, avec la montée en puissance d’Opmeer et Bereznay, Rasmussen a du mal à revenir sur l’Italien qui capitalise sur son avance prise en début de championnat (26 points les séparent).

Mathématiquement chez les pilotes, ils sont 4 à pouvoir lutter pour le titre : Tonizza (146 points) ; Rasmussen (120 points) ; Opmeer (103 points) et Bereznay (93 points). 75 points au maximum restent à prendre et la compétitivité de la grille peut encore nous réserver bien des surprises. Bereznay a repris 30 points rien que sur le dernier événement à Tonizza. Un aileron cassé / une contre-performance en qualification et les espoirs de titre d’un de ces pilotes peut s’envoler.

Dans le milieu de peloton la lutte sera également âpre puisque McLaren, Williams, Racing Point et Mercedes se tiennent en 19 points. La constance sera donc la clé du succès pour ces quatre équipes. Au niveau des line-ups, si Renault et notamment Cédric Thomé ont communiqué sur le fait qu’Opmeer et Weigang rouleront sur les trois manches, les autres équipages restent inconnus. On pense notamment à Red Bull et Toro Rosso après les performances convaincantes de leur troisième arme.

James Doherty (TRL Limitless) – Coach de l’équipe Renault.

Comme d’habitude, 3 courses au programme : Suzuka, Austin et une finale à São Paulo ! Car oui, contrairement au « réel », on ne s’embête pas avec une finale sur le soporifique tracé d’Abu Dhabi (qui a été éjecté du calendrier cette année).
Suzuka sera un défi technique et pneumatique. Un challenge apprécié des pilotes et qui fait sa première apparition aux F1 Esports.
Austin est un revenant et l’enjeu se trouvera dans les pénalités. Il s’agit sans doute du circuit où il est le plus facile de se faire sanctionner à cause des limites de la piste. Il faudra donc être rapide, sans jamais franchir la limite, car les écarts infimes entre les pilotes font que chaque pénalité de 3 secondes équivaut à au moins trois positions perdues.

Le calme avant la tempête à la GFinity Arena de Londres.

Enfin, São Paulo sera à coup sûr une manche à rebondissements ! Le circuit brésilien peut nous offrir une météo mixte, comme à Montréal plus tôt cette saison, et les trois de front au premier virage pourraient être légion.

Il y a des enjeux financiers pour les équipes : celui de terminer sur une bonne note pour les pilotes en vue de la silly-season. Pourquoi ? Pour 2020, cette période de transferts pourrait s’avérer bien plus ouverte que cette année. En effet, la quasi-totalité des contrats arrivent à expiration fin 2019 et des rumeurs font état de quelques mouvements, y compris dans les teams du haut de tableau. D’ailleurs, le nom de Fabrizio Donoso refait surface après sa prestation en qualification pour la pro-draft 2020.

L’équipe de commentateurs entre deux prises.

Rendez-vous donc ce mercredi à 20h heure française sur tous les réseaux de la F1 (Facebook, YouTube, Twitch) et sur Automoto La Chaîne avec Depielo et Hydro pour la diffusion française ! Une finale qui devrait encore une fois être le théâtre de nombreuses actions en piste comme toute cette saison 2019 !
Je vous retrouve de mon côté sur mon compte Twitter @liftandcoast_ pour vous transmettre les dernières informations et images sur place et en direct.