Max Verstappen ironise sur le fun des F1 2026

12/03/2026

Max Verstappen ironise sur le fun des F1 2026 - Crédit photo : Getty via Red Bull Content Pool - Nintendo
Crédit photo : Getty via Red Bull Content Pool - Nintendo 

Lors de la conférence de presse du Grand Prix de Chine, Max Verstappen a ironisé sur les nouvelles F1 2026 en comparant leur gestion énergétique à Mario Kart. Une plaisanterie qui illustre les critiques émergentes dans le paddock, certains pilotes estimant que ces voitures privilégient désormais la gestion d’énergie au pilotage pur.

À la veille du Grand Prix de Chine, deuxième manche de la saison 2026 disputée ce week-end à Shanghai après l'ouverture du championnat en Australie, plusieurs pilotes ont été interrogés sur leur prise en main des nouvelles monoplaces et sur la gestion énergétique qui accompagne cette génération de Formule 1. Alex Albon, Max Verstappen et Gabriel Bortoleto ont notamment évoqué le premier week-end Sprint de l'année, les difficultés rencontrées à Melbourne et la complexité du pilotage avec les nouveaux systèmes d'énergie.

Interrogé sur le fait d'avoir déjà un week-end Sprint alors que les équipes découvrent encore leurs voitures, Gabriel Bortoleto estime que cela ne change pas fondamentalement l'approche du week-end : "Oui, je ne pense pas que cela fasse vraiment une grande différence. Nous allons quand même apprendre beaucoup de choses pendant le week-end. Si c'était un week-end normal, nous testerions probablement des choses en EL1, EL2 et EL3 avant d'aller en qualifications avec ce que nous pensons être plus ou moins le meilleur réglage. Ici, ce ne sera pas très différent. Je ne pense pas que tout sera optimisé avant les qualifications, donc nous allons aussi tester et apprendre pendant la Qualification Sprint et la course Sprint. Mais oui, cela ajoute aussi un peu de piquant au week-end, pour pousser un peu plus loin et un peu plus vite."

Alex Albon partage globalement cette analyse, tout en soulignant que le tracé chinois devrait poser moins de problèmes que Melbourne pour la gestion de l'énergie : "Oui, pareil que Gaby. Si cela avait eu lieu à Melbourne, j'aurais peut-être dit que ce n'était pas l'idée la plus intelligente, mais ce circuit est un peu plus simple — touchons du bois — notamment sur l'utilisation de l'énergie. Donc je ne pense pas que ce sera aussi pénalisant et le manque de temps en piste ne sera pas dramatique."

Max Verstappen, lui, s'est contenté d'une réponse lapidaire : "Oui, peu importe."

Le quadruple champion du monde a ensuite été interrogé sur les difficultés rencontrées lors de la course de Melbourne, notamment le graining des pneus et les problèmes de batterie au départ. Selon lui, certaines solutions existent déjà, mais nécessitent l'aval de la FIA : "Il y a quelques solutions simples, mais elles doivent être autorisées par la FIA pour tout ce qui concerne la batterie, parce que partir avec 0 % de batterie, ce n'est pas très amusant et c'est aussi assez dangereux. Nous discutons donc avec eux pour voir ce qui peut être fait, car vous avez pu voir qu'au départ à Melbourne nous avons presque eu un énorme accident. Une partie de cela est liée aux batteries. Une autre peut venir d'un anti-stall. Mais on voyait de très grandes différences de vitesse, parce que je n'étais pas la seule voiture à avoir presque plus de batterie, ou seulement 20 à 30 %. C'est quelque chose qui, je pense, peut être corrigé assez facilement."

La discussion a ensuite glissé vers l'importance du travail en simulateur, alors que la gestion de l'énergie prend désormais une place centrale dans le pilotage. Gabriel Bortoleto reconnaît que ces outils restent utiles, mais qu'ils ne remplacent pas l'apprentissage en piste : "Si j'ai bien compris la question, vous demandez si les pilotes qui passent plus de temps dans le simulateur ont un avantage… je ne sais pas vraiment. Il y a encore beaucoup de choses à améliorer dans le simulateur, au moins pour nous en tant qu'équipe. Nous avons une bonne base, mais il y aura de toute façon des pilotes simulateur qui feront les essais, le travail sur les pneus et toute la gestion de l'énergie du moteur pendant que nous sommes ici en piste. J'imagine que toutes les équipes ont des pilotes simulateur à plein temps pour ce travail. Mais moi, je le fais surtout parce que j'aime ça. J'aime conduire différentes voitures et on finit toujours par apprendre quelque chose quand on le fait beaucoup."

Alex Albon explique lui aussi que la corrélation avec la piste reste imparfaite : "Nous avons passé beaucoup de temps dans le simulateur pendant l'hiver et, au moins pour moi, on peut y passer autant de temps que l'on veut, mais quand on arrive en piste c'est complètement différent. Cela tient en partie à la corrélation. Certaines équipes qui fabriquent leur propre moteur ont aussi un peu plus de données et de meilleurs moyens pour modéliser, par exemple, le turbo ou la batterie dans la voiture. Il y a donc encore beaucoup de choses à apprendre. Pour l'instant, on a plutôt l'impression que cet apprentissage se fait en piste, pas dans le simulateur."

C'est à ce moment que Verstappen a répondu sur le ton de l'humour : "J'ai trouvé une solution moins chère. J'ai remplacé le simulateur par ma Nintendo Switch et je m'entraîne un peu à Mario Kart. Trouver les champignons se passe plutôt bien. La carapace bleue est un peu plus difficile, mais j'y travaille."

Gabriel Bortoleto poursuit la plaisanterie : "La fusée ?" Ce à quoi le Néerlandais a répondu : "La fusée n'est pas encore là. Ça arrive."

La gestion de l'énergie reste toutefois au cœur des préoccupations des pilotes. Alex Albon admet que le sujet reste encore très complexe derrière le volant : "Pour être honnête, je ne suis pas très sûr. Nous allons attendre et voir. Une partie de la difficulté vient du fait que nous n'avons qu'une seule séance pour nous mettre à niveau. Après Melbourne, il y a des limitations assez claires : par exemple, si vous roulez plus vite, vous avez moins de batterie, ce genre de choses. C'est encore un sujet de discussion et quelque chose d'assez déroutant derrière le volant. Pour moi, c'est un peu la continuité de Melbourne : j'essaie d'appliquer ce que j'y ai appris à ce week-end. Ce sera probablement un peu plus facile, mais cela reste une grosse charge mentale pour le moment. La courbe d'apprentissage est très raide."

Verstappen s'est contenté d'acquiescer : "Oui. Exactement. Parfait." Et Bortoleto a fait de même : "Oui, pareil. Super réponse."

Interrogé ensuite sur son avenir en Formule 1 et sur les propos rassurants de Stefano Domenicali avant la saison, Verstappen reconnaît que son ressenti vis-à-vis des nouvelles voitures reste partagé : "Oui, je ne veux pas vraiment partir. Comme je l'ai dit, j'aimerais simplement m'amuser un peu plus, c'est sûr, mais je fais aussi d'autres choses qui sont très amusantes. Je peux courir sur la Nordschleife. J'espère que dans les prochaines années je pourrai aussi courir à Spa, et peut-être au Mans. Donc je combine différentes activités pour trouver d'autres choses qui me plaisent vraiment. Mon équipe continue aussi, donc j'ai beaucoup de distractions en même temps — des distractions positives, dirais-je. Mais en même temps c'est un peu contradictoire, parce que je ne prends pas vraiment plaisir à conduire la voiture, alors que j'aime travailler avec toutes les personnes de l'équipe et du département moteur. C'est presque un peu un casse-tête mental… Je ne peux pas jurer. C'est 5 000 maintenant ?"

La discussion dérive alors brièvement sur les amendes liées aux jurons. "Pour moi, c'est cent", glisse Bortoleto. Verstappen s'étonne : "Cent k ? [t'es mort, yeah man - ndlr]" "Non, cent euros", rectifie le Brésilien, avant que le Néerlandais ne conclue en riant : "Jurer ? C'est 5k."

Verstappen conclut ensuite sur le fond du sujet : "Je me demandais si c'était le mot ou la phrase… je ne sais pas. Bref, vous voyez ce que je veux dire. Non, je ne veux pas partir, mais j'espère évidemment que cela va s'améliorer. J'ai eu des discussions avec la FOM et la FIA et je pense que nous travaillons vers quelque chose qui, je l'espère, améliorera la situation."

Sur la possibilité d'améliorer les choses dans le cadre du règlement actuel, le pilote Red Bull reste prudent : "J'espère vraiment que cela ne restera pas comme ça pendant plusieurs années. J'espère que dès l'an prochain nous pourrons déjà faire une amélioration significative. Il y a plusieurs options que nous sommes en train de discuter."

Pour en revenir au registre plus léger qui a animé une partie de cette conférence de presse, les références aux jeux vidéo ne sont d'ailleurs pas apparues pour la première fois à Shanghai. Lors du Grand Prix d'Australie, plusieurs pilotes avaient déjà utilisé ce parallèle pour décrire les nouveaux mécanismes liés à l'énergie et aux modes d'attaque.

À la radio pendant la course australienne, Charles Leclerc avait notamment comparé certaines phases de dépassement aux bonus du célèbre jeu de Nintendo : "C'est comme le champignon dans Mario Kart", avait lancé le pilote monégasque en évoquant les accélérations soudaines permises par les nouveaux modes de puissance.

Sur la grille de départ, Sergio Pérez avait lui aussi glissé une référence similaire au micro de Sky Sports F1, confiant avec le sourire qu'il était curieux de voir "ce qui allait se passer dans cette course qui ressemble un peu à un jeu vidéo". Oliver Bearman reconnaissait de son côté que certaines situations pouvaient donner cette impression : "Oui, un peu. C'était comme si j'étais en F1 et que tout le monde autour était en F2. Mais ensuite, évidemment, il faut recharger la batterie, sinon vous êtes mort dans la ligne droite suivante."

Ces comparaisons traduisent surtout le changement profond introduit par la réglementation 2026. Après un seul Grand Prix disputé avec ces nouvelles monoplaces, plusieurs pilotes évoquent déjà la place prise par la gestion énergétique dans le pilotage, parfois au détriment du pilotage pur. Certains, comme Fernando Alonso ou Max Verstappen, ont d'ailleurs laissé entendre que cette évolution pouvait réduire le plaisir de conduite, rapprochant par moments la Formule 1 d'une logique de gestion plus proche de celle observée en Formule E.

Référence FIA

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